17 juillet 2013

Un rapport de l'OIT vante la solidité des banques coopératives en période de récession

En ces temps de crise financière, il est intéressant de comparer la solidité comparative des banques coopératives, qui appartiennent à leurs membres, par rapport aux banques « classiques », dont le capital est majoritairement détenu par des actionnaires extérieurs. Une étude de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), publiée en mars dernier, démontre que les coopératives financières s'en sortent globalement mieux que leurs concurrentes en période de récession.

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Les banques coopératives ont le vent en poupe. Alors que les banques à structure actionnariale classique sont régulièrement pointées du doigt, que ce soit pour leurs prises de risque excessives sur les marchés financiers, leurs restrictions de crédit à destination des entreprises et notamment des TPE-PME, voire leur implication dans les paradis fiscaux, les coopératives bancaires sont au contraire louées pour leur solidité et leur soutien continu à l' « économie réelle ». Bien sûr, ce tableau élogieux est à relativiser. Certaines banques coopératives - le plus souvent via leurs filiales de forme SA - ont pris des risques dans leurs investissements, et ont été impactées par la crise des subprimes. Mais il n'en demeure pas moins que le modèle bancaire coopératif est sorti renforcé de la crise.

Une récente étude de l'OIT, intitulée Résistance en temps de récession - La puissance des coopératives financières (titre original : "Resilience in a downturn: The power of financial cooperatives"), vient confirmer ce constat. Il apparaît selon celle-ci que les coopératives financières ont affiché de meilleures performances que les banques à structure actionnariale classique dans presques tous les domaines. « Contrairement aux banques privées, elles maintiennent de très bons taux d'intérêt, augmentent leurs fonds propres et leur clientèle, et la minorité d'entre elles qui ont subi des pertes ont rapidement rebondi et connaissent à nouveau la croissance », explique l'auteur du rapport, Johnston Birchall, sur le site de l'OIT.

Ceci s'explique par les particularités du modèle coopératif : appartenant à leurs membres - et placées sous leur contrôle -, les banques coopératives cherchent à répondre aux besoins de leur clientèle plus qu'à maximiser leur profit, et sont donc moins enclines à prendre des risques. Centrées sur la relation-client, elles tissent de solides liens au plan local, leur permettant d'évaluer au mieux la solvabilité des emprunteurs et de pouvoir ainsi prêter davantage que leurs concurrentes. Du fait qu'elles n'ont pas à verser de dividendes à des actionnaires externes, elles peuvent réduire la marge entre l'intérêt demandé aux emprunteurs et celui versé aux épargnants, et consacrer l'essentiel de leurs bénéfices à la constitution de réserves, ce qui renforce leur solidité.

L'OIT n'est pas la seule à dresser ce constat positif du modèle coopératif bancaire. Selon le magazine financier britannique The Banker, repris par The Guardian, la série de scandales ayant ébranlé le monde de la finance ainsi que la crise financière ont conduit à un regain d'intérêt pour les banques coopératives en Europe, et il apparaît que "le modèle coopératif s'est montré plus stable et plus efficient que ce que beaucoup d'économistes avaient prédit".