26 octobre 2011

Acteurs de l'ESS, entreprises privées et collectivités se mobilisent autour de la Maison du Développement durable

Le FIESS nous a permis de visiter des lieux emblématiques de l'économie sociale montréalaise. Ouverte depuis seulement quinze jours, la Maison du développement du durable fait déjà partie de ceux-là.

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Il y a maintenant 8 ans, une idée folle a germé dans les esprits des dirigeants d'Équiterre, organisme montréalais qui incite citoyens, organisations et gouvernements à faire des choix écologiques, équitables et solidaires. Cette idée, ou plutôt ce souhait, consistait à offrir à ses salariés un bâtiment où les conditions de travail seraient optimales.

8 ans plus tard, la Maison du développement durable (MDD) est sortie de terre et le chantier fait aujourd'hui place à une vitrine environnementale et technologique en plein cœur du Quartier des spectacles de Montréal. Le bâtiment est certifié LEED, une norme environnementale très exigeante en Amérique du Nord. Traitement de l'air très sophistiqué, toit vert, mur végétal, système de géothermie... sont quelques unes des caractéristiques de ce bâtiment éco-construit.

toit vert de la mdd

Au-delà de ses performances écologiques, la MDD entend devenir un haut lieu du développement durable et de l'économie sociale et solidaire. Une programmation va être proposée au grand-public tout au long de l'année : conférences, projection de films, visites pédagogiques de l'édifice, ateliers pratiques, dégustations de produits équitables et biologiques.

Ces activités gratuites témoignent de la variété des thèmes liés au développement durable auxquels les membres fondateurs s'intéressent, comme le transport écologique, les changements climatiques, le microcrédit, l'urbanisme et le commerce équitable.

L'originalité de ce projet réside également dans les nombreux partenariats qui ont été développés pour que la Maison du Développement durable sorte de terre. « La Maison du développement durable est un projet ambitieux, qui a vu le jour grâce à la collaboration d'une large communauté d'acteurs engagés pour le développement durable », explique Sidney Ribaux, instigateur du projet et coordonnateur général d'Équiterre. « Elle vise notamment à créer une véritable synergie entre ses membres fondateurs, soit Amnistie internationale Canada francophone, le Centre de la petite enfance Le Petit réseau, le Conseil régional de l'environnement de Montréal, ENvironnement JEUnesse, Équiterre, Option consommateurs, le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec et Vivre en Ville ».

mur végétal

Ce projet de 27 millions de dollars canadiens n'aurait pas pu voir le jour sans les collaborations avec la Ville de Montréal, le Gouvernement du Québec et les entreprises privées qu'ont réussi à développer les porteurs du projet MDD. Le fabricant d'aluminium Alcoa est ainsi le partenaire principal de la Maison. L'aluminium a sa place et contribue à la performance environnementale d'ensemble de l'édifice.

Hydro Québec (le fournisseur d'électricité dans la Belle Province) est lui aussi un partenaire incontournable de la MDD. C'est lui qui est propriétaire du terrain, qu'il loue à 1$ symbolique à la Maison du Développement durable. En contrepartie, les enfants des salariés d'Hydro Québec peuvent disposer d'une garderie au cœur de la MDD. Le coût de la construction a quant à lui été couvert par des subventions du gouvernement du Québec ainsi que des dons privés. Les prêts ont été pris en charge entre autres par la Fiducie du Chantier de l'Économie Sociale et la Caisse d'économie solidaire.

atrium de la MDD

Avec la Maison du développement durable, acteurs de l'ESS, ONG, pouvoirs publics, entreprises privées et citoyens apportent la preuve qu'ils peuvent collaborer de manière efficace et que ces collaborations permettent de réaliser des rêves un peu fous...

Enfin, pour poursuivre la réflexion, Sidney Ribaux, coordinateur d'Equiterre, explique dans une tribune comment cette Maison du développement durable, la future maison internationale des radios communautaires (dont nous parlons dans cet article) et la Société des arts technologiques (SAT) vont façonner le nouveau visage du quartier des spectacles de la ville...

Photo Bernard Fougères