Consommer autrement
Rendre sa consommation responsable, en se souciant de la qualité du produit et de son mode de production
Notre consommation, un projet de société
Consommer autrement, c'est faire le choix de biens ou des services pas seulement en fonction de leur prix, de leur qualité technique ou de leur marque, mais aussi pour la qualité sociale et environnementale de leur mode de production. Il s'agit de se transformer en « consomm'acteur » qui s'interroge sur le modèle économique que ses choix de consommation favorise.
Mais encore faut-il trouver des produits plus « éthiques » et savoir comment les identifier. Aujourd'hui, des filières comme l'agriculture biologique, le commerce équitable ou les finances solidaires disposent de labels garantissant une plus value sociale ou environnementale.. Mais cela ne concerne qu'un nombre limité de produits. Aucun label ne permet de dire que tel contrat d'assurance ou tel contrat de service à la personne est plus éthique. C'est pourquoi le statut ou la finalité de l'entreprise qui le produit est un élément important à prendre en compte au moment de faire des choix de consommation.
Les entreprises de l'économie sociale et solidaire offrent de nombreux biens et services aux consommateurs - dans le domaine de l'alimentation, du logement, de la santé, des transports, des services à la personne...
Ces rubriques les présentent en mettant en avant leur spécificité sociale ou environnementale. La plupart s'adressent à tous les consommateurs ; certains sont fournis spécifiquement pour des personnes à faibles ressources, ce qui est, en soi, un engagement éthique.
Client, usager ou sociétaire ?
Dans l'économie dite traditionnelle ou classique, un client n'a pas d'autres relations à l'entreprise que le fait d'acheter le bien qu'elle propose. Il en va tout autrement dans l'économie sociale et solidaire, car les clients sont souvent conduits à acquérir une part de propriété de l'entreprise dont ils utilisent les services. Par exemple, tout client d'une mutuelle d'assurance est à la fois assuré (il cotise pour une couverture de risque) et assureur (il contrôle la structure qui couvre les risques car son contrat lui donne automatiquement le droit de vote à l'assemblée générale de la mutuelle).
Cette organisation traduit la volonté de démocratiser les choix économiques et de ne pas laisser les décisions aux mains de quelques uns, détenteurs des capitaux.
Par ailleurs, le monde associatif dont l'activité est la plus proche des services publics préfère parler d'« usager » plutôt que de client. En effet, ses services sont parfois gratuits pour la personne et leur coût est pris en charge par la collectivité. Il est ainsi difficile pour un centre d'hébergement d'urgence de considérer que la personne en grande difficulté qu'il héberge est un client.
Un débat anime néanmoins le secteur de l'économie sociale et solidaire entre ceux qui souhaitent mettre l'accent sur l'originalité de la relation qui dépasse largement celle de clients à fournisseurs de services, et ceux qui souhaitent valoriser davantage la nature économique et commerciale de leur offre.



